Objectifs initiaux
Pour réduire les émissions polluantes du transport de marchandises, on dispose notamment des deux instruments suivants : la taxe et les marchés de permis. La taxe ou les permis négociables sont des instruments économiques d’action publique qui modifient l’environnement économique des agents afin de les inciter à des changements de comportement. Des travaux récents menés par les partenaires du projet mettent en évidence la nécessité d’explorer de manière plus systématique ce que pourraient être les impacts du rationnement du carbone dans le transport, que ce soit par la taxe ou par les permis, sur l’organisation des chaînes logistiques et in fine sur les émissions du secteur du transport de marchandises.
Méthodes et étapes du travail
Cette exploration se fait au moyen du modèle de Dynamique des Systèmes SANDOMA qui permet de simuler différents scénarios de rationnement du carbone, et auquel sont apportés une expertise en matière d’instruments de régulation des émissions de CO2, et le développement d’un module d’arbitrage de choix modal développé par le LET. Ce modèle propose d’analyser les flux de marchandises en se plaçant dans une perspective logistique, c’est-à-dire en simulant les modes d’organisation des chargeurs, et en se situant de fait en amont de l’organisation des transports. Il a déjà été couplé, dans une version précédente, à la méthode Bilan Carbone® de l’ADEME avec pour objectif d’évaluer les effets de hausses des prix du transport routier sur les émissions de GES à un horizon de 25 ans. Notre hypothèse pour ce projet de recherche est que le permis est un instrument qui prend place dans les décisions logistiques du chargeur comme un élément nouveau d’arbitrage, mais également comme un signal éventuellement plus clair sur les émissions de GES que ses arbitrages pourront engendrer. Ces deux instruments, taxe carbone et permis d’émission, pourraient jouer un rôle fort différent au sein des arbitrages logistiques du chargeur, pouvant conduire à des efficacités contrastées sur la réduction des émissions de GES du transport de marchandises. De plus, les modalités de transfert des quotas entre les acteurs doivent être étudiées avec soin, car elles pourraient jouer un rôle important dans la mise en œuvre du marché de permis d’émission et sur la réduction des émissions de GES.
Il s’agit de tester en parallèle, à fin de comparaison, différents niveaux de taxe et de prix du permis d’émission (la taxe équivalant à une hausse du prix du transport, des scénarios d’évolution du prix du pétrole peuvent néanmoins être simulés simultanément).
Résultats attendus (fin 2009)
Ces simulations sont menées pour quelques grands types de produits pour lesquels des plages de valeurs de paramètres ont été déterminées. Les effets de ces différentes politiques de rationnement du carbone sont ainsi analysés sur les organisations logistiques des chargeurs et les émissions de gaz à effet de serre du transport de marchandises.